sábado, 19 de abril de 2014
Linguistes importants et écoles de pensée
Linguistes importants et écoles de pensée
Parmi les premiers linguistes d'importance, il convient de compter Jacob Grimm, qui, en 1822, a compris et décrit la nature des modifications phonétiques touchant les consonnesdans les langues germaniques (modifications décrites dans la loi de Grimm). À sa suite, Karl Verner, inventeur de la loi portant son nom, August Schleicher, créateur de laStammbaumtheorie et Johannes Schmidt, qui a développé la Wellentheorie (modèle par vagues) en 1872.
Ferdinand de Saussure peut être considéré comme le fondateur de la linguistique structuraliste (ce terme lui étant postérieur) et, pendant longtemps, comme le père de la linguistique moderne. Il s'est opposé au behaviorisme.
Dans les années 1920, Roman Jakobson fut l'un des chefs de file du formalisme russe et du Cercle linguistique de Prague (invention de la phonologie).
Gustave Guillaume, s'opposant à Saussure, étudie la langue d'un point de vue plus phénoménologique (Temps et verbe, 1929). De nombreux adeptes perpétuent ou redécouvrent aujourd'hui sa théorie.
Le modèle formel du langage développé par Noam Chomsky, ou grammaire générative et transformationnelle, s'est développé sous l'influence de son maître distributionnaliste,Zellig Harris, lequel suivait déjà fortement les préceptes distributionalistes de Leonard Bloomfield. Ce modèle s'est imposé depuis les années 1960 dans le domaine de la linguistique cognitive (compétence et performance).
En France, les travaux du linguiste André Martinet, chef de file du fonctionnalisme, sont notables, ainsi que ceux de Gustave Guillaume, d'Antoine Culioli et de Lucien Tesnière.
La linguistique n'exclut pas forcément le grand public, pas plus que la sémiotique : témoins les ouvrages de vulgarisation d'Henriette Walter ou de Umberto Eco.
Sur les applications en communication, il faut noter les travaux de Roman Jakobson, qui a établi un modèle linguistique de communication, composé de six fonctions associées à des agents de communication.
Pour plus de détails, consulter la liste de linguistes.
Représentation écrite de la parole.
Il existe de nombreuses méthodes utilisées pour transcrire par écrit la parole, comme l'Alphabet phonétique international de l'Association phonétique internationale, ou API, méthode la plus commune actuellement. Celles-ci peuvent tendre à une extrême précision (on parle de transcription fine) et tenter de représenter les particularités phonétiques d'un locuteur précis, ou bien ne décrire que très généralement les oppositions fondamentales entre phonèmes d'une langue ; il s'agit là de transcription phonologique (ouphonétique large).
En France, d'autres systèmes existent, comme la notation de Bourciez, propre à la phonétique historique du français et, plus généralement, des langues romanes. Chaque pays doté d'une tradition linguistique a pu développer ses systèmes de transcription. C'est pourtant l'API qui, aujourd'hui, prédomine dans la recherche.
Lorsqu'il n'est pas possible d'utiliser l'API pour des raisons techniques, il existe plusieurs méthodes permettant de transcrire l'API dans un système n'utilisant que des caractères présents dans tous les jeux de caractères, comme le SAMPA.
Consulter aussi cette liste de méthodes de transcription.
Locuteur individuel, communautés linguistiques et caractéristiques universelles du langage
Locuteur individuel, communautés linguistiques et caractéristiques universelles du langage
Plusieurs approches linguistiques sont possibles selon l'étendue de l'objet d'étude : certains analysent la langue d'un locuteur donné, d'autres des développements généraux sur la langue. On peut aussi étudier la langue d'une communauté bien précise, comme l'argot des banlieues ou bien rechercher les caractéristiques universelles du langage partagées par tous les hommes. C'est cette dernière approche, la linguistique générale, dont le pionnier a été Ferdinand de Saussure, qui a été retenue par Noam Chomsky et qui trouve des échos en psycholinguistique et dans les sciences cognitives. On peut penser que ces caractéristiques universelles sont susceptibles de révéler des éléments importants concernant la pensée humaine en général. Voir par exemple les fonctions du langage.
Démarche descriptive, démarche prescriptive
Phonétique, phonologie, diglossie, syntaxe, sémantique, pragmatique, étymologie, lexicologie, lexicographie, linguistique
théorique, linguistique comparée, sociolinguistique,dialectologie, linguistique descriptive, psycholinguistique, typologie des langues, linguistique
computationnelle, sémiotique, écriture, Cohérence du langage naturel, etc., sont parmi les domaines les plus courants.
Recherches interdisciplinaires
Linguistique
appliquée, linguistique
cognitive, linguistique
historique, orthographe, grammatologie, cryptanalyse, déchiffrement, anthropologie linguistique, linguistique
anthropologique, analyse critique du discours, psycholinguistique, acquisition du
langage, traitement
automatique des langues, reconnaissance vocale, reconnaissance du locuteur, synthèse vocale et, plus généralement, traitement de la
parole, sont de telles disciplines. Il est visible que la
linguistique comprend de divers chantiers de recherche. La créolistique qui
s’est donné la tâche d’étudier les langues issues du colonialisme (exemples
: papiamentu de Curazao, la langue de Cabo Verde) devient de plus en plus
importante.
La majorité des recherches accomplies en linguistique sont purement descriptives : les linguistes cherchent à expliciter la nature du langage sans porter de jugements de valeur. Cependant, il existe un grand nombre de professionnels et d'amateurs qui ne se détachent pas d'un point de vue normatif, plus proche de celui de la grammaire. Alors que ceux-ci vont juger un énoncé selon qu'il respecte ou non le bon usage ou des règles, ceux qui suivent une démarche descriptive vont surtout chercher les origines de ces usages, des règles ou des erreurs qu'ils pourront simplement décrire comme des usages particuliers, voire comprendre que derrière une faute se cache un besoin de rationalisation de la langue.
Le site anglophone Language Log est une bonne illustration de cette opposition : il s'agit d'un blog tenu par des linguistes suivant une démarche descriptive, et expliquant clairement leurs prises de position.
Parole et écriture
La plupart des travaux en linguistique, à l'heure actuelle, partent du principe que la langue parlée est première, et que la langue écrite n'en est qu'un reflet secondaire. Plusieurs raisons sont évoquées :
- alors que la parole est universelle, l'écriture ne l'est pas ;
- l'apprentissage de la langue parlée est bien plus aisé et rapide que celui de la langue écrite ;
- nombre de scientifiques des sciences cognitives pensent qu'il existe dans le cerveau un module du langage qu'il n'est possible de connaître qu'à travers la langue parlée.
Bien sûr, les linguistes reconnaissent que l'étude de la langue écrite est loin d'être inutile. L'étude de corpus écrits, à cet égard, est primordiale en linguistique computationnelle, les corpus oraux étant difficiles à créer et à trouver. D'autre part, l'étude des systèmes d'écriture, ou grammatologie, ressortit pleinement à la linguistique. Enfin, les langues dotées d'une tradition écrite ancienne ne sont pas imperméables à des effets rétroactifs de l'écrit sur l'oral : le mot français legs, par exemple, dans lequel le g n'est pas étymologique, est le plus souvent prononce.
Linguistique contextuelle
Linguistique contextuelle
La linguistique contextuelle est un domaine dans lequel la
linguistique interagit avec d'autres disciplines. Elle étudie par exemple
comment le langage interagit avec le reste du monde.
La sociolinguistique, la linguistique anthropologique et l'anthropologie linguistique sont des domaines
ressortissant à la linguistique contextuelle dans lesquels on étudie les liens
entre le langage et la société.
De même, l'analyse critique du
discours est un point de rencontre entre la rhétorique, la philosophie et la linguistique. Il est
ainsi possible de parler d'une philosophie
du langage.
D'autre part, l'étude médicale du langage conduit à des
approches psycholinguistique et neurolinguistique.
Enfin, appartiennent
aussi à la linguistique contextuelle des domaines de recherches comme l'acquisition
du langage,
la linguistique évolutionniste, la linguistique stratificationnelleainsi que les sciences
cognitives.
Marina Yaguello.
Marina Yaguello (née en 1944) est une linguiste, professeur
émérite à
l'Université
de Paris VII.
De langue maternelle russe, elle travaille sur le français, l'anglais et le wolof.
Dans l'introduction de son
ouvrage Alice au pays du langage, Marina Yaguello prend position
sur le fait que la linguistique n'est pas qu'une affaire de spécialiste. Ainsi,
elle cite l'Oulipo comme un repaire de
linguistes.
«
Mais c'est en découvrant les travaux de l'Ouvroir
de littérature potentielle (Oulip) que je me suis convaincue que la
langue n'était pas seulement du ressort des linguistes, qu'elle était
décidément du côté du jeu. Les travaux de l'Oulipo […] constituent une
réflexion linguistique authentique, dans laquelle la théorie se cache derrière
le jeu. Les oulipistes (sic) sont sans doute
des linguistes plus vrais que les vrais car la langue n'est pas pour eux un
simple objet d'analyse abstrait1. »
Linguistique
La
Phonologie
L'étude phonétique
d'une langue peut se faire sans faire appel au sens. À la limite, on pourrait
étudier les caractéristiques phonétiques d'une langue qu'on ne comprendrait
même pas.
Par
contre, la phonologie
s'occupe de la fonction des sons dans la transmission d'un message. Il faut
donc comprendre une langue pour faire de la phonologie. En d'autres termes, la
phonologie recherche les différences de prononciation qui correspondent à des
différences de sens, ce qu'on appelle des oppositions distinctives.
Or,
tous les changements de prononciation ne changent pas le sens. Par exemple, il
existe dans les pays francophones plusieurs variantes du [R]. Ou encore, si on
compare la prononciation québécoise et française d'un mot comme toute,
on entend une différence. Malgré ces différences, le sens ne change pas: tout
le monde comprend le même mot.
Mais
d'autres changements de prononciation peuvent influencer le sens. Prenez le cas
de [Ru
] (rouge). Si on remplace la première consonne par un [b], le résultat est
un autre mot (bouge). Ce simple test nous montre qu'en français, [R] et [b]
s'opposent entre eux. Nous le savons puisque le seul élément qui change entre
[Ru
] et [bu
] est la consonne initiale. [Ru
] et [bu
] forment ce que nous appelons une paire minimale: deux mots qui se distinguent par le sens
et qui diffèrent entre eux par un seul son. Le fait de remplacer un son par un
autre dans une paire minimale s'appelle la commutation.
Si la
commutation change le sens, nous tirons la conclusion que les deux sons
appartiennent à deux classes distinctes. Chaque classe s'appelle un phonème. Contrairement à un son, qu'on peut
entendre et mesurer, un phonème est une entité abstraite, une classe de sons
qui partagent la même opposition à d'autres sons dans une langue.
Exercice:
Trouvez des paires minimales pour /g/ en l'opposant aux autres consonnes du
français, en position initiale et en position finale
.
La
morphologie
La morphologie
s'occupe des plus petites unités de forme et de sens, qu'on appelle les morphèmes. À un
moment donné, il existe un nombre fini de morphèmes dans une langue, qui constituent
en quelque sorte les briques qu'on utilise pour faire les phrases. Or,
puisqu'il s'agit d'unités de forme et de sens, il faut étudier les deux
aspects: d'un côté, nous verrons comment on peut classer les morphèmes du point
de vue de leur forme et de leur fonctionnement, et d'un autre côté, nous essayerons
de saisir comment les morphèmes d'une langue (ici, le français) structurent
notre façon d'exprimer la réalité.
Critères
en morphologie
Comme les autres
linguistes, les morphologistes ont des outils spéciaux pour manipuler l'objet
qu'ils étudient. Les critères les plus utilisés sont le sens, la forme et la distribution.
Nous allons illustrer les trois en nous servant d'un exemple bien connu: les
parties du discours.
Les
critères traditionnels des parties du discours sont d'ordre sémantique, comme
on peut voir par les exemples suivants.
Un nom se définit
comme un mot qui nomme une personne, un lieu, une chose ou un concept.
Un verbe se définit comme un mot qui nomme une
action.
Un adjectif se définit comme un mot qui nomme une
qualité.
Ces critères
sémantiques ne sont pas faux, mais ils sont difficiles à utiliser seuls,
puisqu'ils sont assez imprécis. Par exemple, un nom comme arrivée
désigne une action, et un nom comme rougeur désigne une qualité. C'est
pour cela que nous avons tendance en linguistique à utiliser en même temps les
critères de forme et de distribution.
Prenons
le cas des noms. Qu'est-ce qu'il y a dans le fonctionnement des noms qui les
distingue des verbes? Du point de vue de la forme, les noms peuvent prendre le nombre singulier ou pluriel, mais non pas la personne ou le temps. Par contre, on trouve les trois
caractéristiques dans les verbes. Du point de vue de la distribution, les noms
peuvent suivre un déterminant (ex. le cahier, cette table, ma soeur),
mais non pas un pronom (ex. *je cahier, *tu table, *elle soeur). Par
contre, les verbes peuvent suivre un pronom (ex. je marche, tu pars, elle
travaille) mais non pas un déterminant (ex. *le marche, *cette pars, *ma
travaille).
Si on
étend l'analyse aux adjectifs, on constate qu'ils se rangent en partie du côté
des noms. Un adjectif peut varier en nombre (ex. grand, grands), mais
non pas en personne ou en temps. De même, les adjectifs peuvent suivre un
déterminant, mais non pas un pronom (ex. le petit, *je gros). Mais dans
ce cas, qu'est-ce qui distingue les adjectifs des noms? Une différence, c'est
que les adjectifs peuvent suivre un adverbe de degré ou un adverbe d'aspect: on
peut dire très petit, assez gros, toujours rond, mais les noms n'ont pas
cette possibilité (*très chaise). Une autre, c'est que les adjectifs
peuvent varier en nombre et en genre (ex. petit, petites), ce qui n'est
pas le cas pour les noms (sauf les noms d'êtres animés, qui peuvent varier en
genre pour indiquer le sexe).
Une
autre partie du discours est l'adverbe comme bientôt, hier, là. Qu'est-ce qui
distingue les adverbes des adjectifs? Entre autres choses, les adverbes ne
s'accordent pas en genre ou en nombre: ils sont invariables. En outre, un adverbe peut suivre un
verbe (ex. elle travaille là) tandis qu'un adjectif suit (ou parfois
précède) un nom (ex. un cahier bleu, un petit cahier).
Linguistique
Synchronie
et diachronie
L'étude de la
langue peut se faire selon deux perspectives temporelles. D'un côté, on peut
analyser un état de langue, c'est-à-dire la façon de parler d'une communauté linguistique à un
moment donné. Ainsi, le français parlé dans les années 90 serait un état de
langue. Évidemment, les dimensions d'un état de langue sont variables. Le
système grammatical d'une langue change assez lentement; par conséquent, dans
une étude grammaticale, un état de langue peut représenter quelques décennies.
Par contre, le lexique change plus rapidement; un état de langue lexical peut
se limiter à quelques années seulement. L'étude d'un état de langue s'appelle
la linguistique synchronique.
Dans
une autre perspective, on peut étudier l'évolution d'une langue à travers le
temps, les gains et les pertes, ainsi que le passage d'une langue à une autre. Cela s'appelle la linguistique
diachronique.
La Phonétique
Étude
des sons de la parole (phones) tels qu'ils existent. Elle exclut les
autres sons produits par les êtres humains, même s'ils servent parfois à
communiquer (les toux, les raclements de gorge). Elle exclut aussi les sons non
humains. S'oppose à la phonologie en cela que la phonétique étudie la
prononciation réelle alors que la phonologie étudie le système qui sous-tend
cette prononciation.
On
distingue trois domaines principaux:
1. La phonétique articulatoire s'occupe de l'activité des cordes
vocales, de la bouche, etc. qui rendent possible la parole. Par exemple, nous
savons que pour faire un [p] en français, il faut mettre les deux lèvres
ensemble, sortir un peu d'air des poumons, et ensuite ouvrir les lèvres
2. la phonétique
acoustique
étudie la transmission des sons en tant que signaux acoustiques (renvoie à la
transmission des sons – envoyer des sons). Elle examine les caractéristiques
sonores des sons du langage. Par exemple, nous savons que le son produit par la
consonne [s] en français a une fréquence plus élevée que le son produit par une
consonne comme [
]. Comparez sou et chou.
3. la phonétique auditive /
perceptive est la
partie la plus subjective de la phonétique, qui étudie la manière dont sont
perçus les sons de la parole par l'oreille (renvoie à la réception des sons –
recevoir des sons). Elle examine les phénomènes de perception des
sons du langage par les êtres humains. Par exemple, qu'est-ce qui nous permet
de saisir une syllabe accentuée? Est-ce la durée, la force, la fréquence ou une
combinaison des trois?
Exercice:
Pour chacune des lettres suivantes, trouvez les sons du français qu'elle peut
représenter et les contextes où cela se produit: c, e, o.
De même, pour chacun des sons suivants, trouvez les lettres susceptibles de le représenter, ainsi que leur contexte: [u], [a], [i].
De même, pour chacun des sons suivants, trouvez les lettres susceptibles de le représenter, ainsi que leur contexte: [u], [a], [i].
Le langage humain et les autres langages.
Le
langage humain et les autres langages
On entend souvent
des expressions dans lesquelles figure le terme langage: on parle du langage
des fleurs, du langage des gestes, du langage des abeilles.
Il est facile de comprendre pourquoi on utilise des expressions de la sorte.
Dans tous les cas, il y a un signal et un message. Si j'offre des fleurs, c'est le signal d'une émotion. Si un chien
montre ses dents, c'est le signal de quelque chose. Le choix des vêtements peut
fonctionner comme signal.
Mais
en même temps, qu'est-ce qui distingue le langage humain au sens strict de ces
autres langages? Voici trois différences:
- Le langage humain permet de parler de choses dans le passé, dans
l'avenir, hypothétiques, ou même impossibles. On parle de sa capacité de déplacement.
Exercice:
Trouvez trois exemples concrets de déplacement
- Le langage humain peut servir à définir son propre système. Ainsi,
si je ne comprends pas un mot, je peux demander son sens à mon
interlocuteur, ou je peux chercher dans un dictionnaire. Ce qui est même
plus frappant, c'est qu'on peut traduire n'importe quel autre système de
signes dans le langage. À la place des fleurs, je peux dire: Je t'aime.
À la place d'une affiche, je peux dire: Il est défendu de fumer ici.
Cette capacité métalinguistique dépasse de loin ce qu'on trouve dans les autres langages.
Expérience:
Essayez de traduire une phrase dans un autre langage que le langage humain.
- La troisième caractéristique particulière du langage humain,
formulée d'abord par le linguiste André Martinet, s'appelle la double articulation. Pensez au nombre total de phrases possibles en français. En
fait, il y en a une infinité. Par contre, on peut former cette infinité de
phrases au moyen d'un nombre élevé mais fini de mots (disons quelques
centaines de milliers, au maximum). Et on peut former ces milliers de mots
au moyen d'un petit nombre de sons (une trentaine en français) ou de
lettres (26 lettres plus quelques diacritiques).
La division d'une
infinité de phrases en un nombre fini de mots, s'appelle la première articulation, tandis que la division des mots en un petit nombre de sons ou lettres
s'appelle la deuxième
articulation. Aucun autre système ne possède une
telle double articulation: c'est cela, semble-t-il, qui explique la puissance
de la langue comme mécanisme de communication.
Signifiant, signifié et signe.
Signifiant, signifié et signe
Le plus souvent en linguistique, ce n'est pas ce qui est individuel qui nous intéresse, mais
plutôt ce qui est commun. Le fait que tel ou tel individu a telle ou telle prononciation nous
intéresse moins que le fait qu'il existe une façon de prononcer qui caractérise un groupe.
Par exemple, il existe un grand nombre de prononciations individuelles pour le mot chat,
mais toutes ces prononciations ont un noyau commun. Ce noyau s'appelle le signifiant. Notez
que le signifiant n'existe pas comme entité physique. On ne peut pas entendre un signifiant:
on entend des sons. Mais le signifiant montre sa présence par le fait que nous sommes
capables de reconnaître qu'une série de prononciations sont en fait des exemples du même
mot.
Il en va de même pour le sens. Comme nous l'avons vu dans le cas de Je l'ai vu hier, une suite
de mots peut avoir une variété d'interprétations selon la situation et le contexte. Malgré
cela, chaque mot possède un sens général constant d'une situation à l'autre. C'est cette base
abstraite qui nous intéresse: nous l'appelons le signifié. Par exemple, la suite je peut
s'employer par beaucoup d'individus différents. Malgré cela, son signifié reste identique: `la
personne qui parle'. Comme le signifiant, le signifié est une entité abstraite dont on peut
déceler l'existence par l'observation des exemples de communication.
Notez bien cependant qu'on ne peut pas observer un signifiant ou un signifié sans sa contrepartie.
On peut parler du signifiant chat seulement dans le contexte d'un mot, où il y aurait
en même temps un signifié. Par exemple, la suite de lettres c h a t ne serait pas un signifiant
dans le mot achat. De la même façon, nous avons dans nos têtes beaucoup de sentiments,
d'impressions, d'idées, mais ces choses ne deviennent des signifiés linguistiques qu'au
moment où nous les exprimons au moyen d'un signifiant.
Donc, les signifiants et les signifiés ensemble font partie d'une unité plus complexe, qu'on
appelle le signe linguistique.
miércoles, 9 de abril de 2014
Le langage,la langue et la parole
Langue, parole et langage
Dans la tradition linguistique française, il existe une autre opposition terminologique, entre langue et
parole. La langue désigne deux choses différentes:
1. un système linguistique partagé par un groupe social, comme la langue française, la langue
anglaise, etc.,
2. le concept même de système linguistique partagé. Ainsi, le français et l'anglais sont des
langues, mais ils ont en commun un certain nombre de caractéristiques qui nous permettent
de faire abstraction des différences entre les deux pour parler de la langue dans les deux cas.
La parole désigne aussi deux choses distinctes:
1. l'activité qui consiste à se servir d'une langue dans une situation particulière. On parle ainsi
d'un acte de parole. Notez bien que ce terme désigne l'activité qui consiste à parler mais
aussi l'activité qui consiste à écrire. Quand j'écris ce manuel, je fais un acte de parole. Quand
je dis à mon voisin: ``Il fait beau, hein?'' je fais un autre acte de parole.
2. Le terme parole désigne aussi le produit d'un acte de parole. On utilise aussi le terme de
discours dans ce sens. Le discours écrit ou oral d'un individu peut être étudié, comme nous
verrons par la suite.
Le terme langage s'emploie, lui aussi, dans deux contextes différents. Cela signifie ou bien:
la capacité d'apprendre une langue humaine. Cela s'appelle la faculté du langage. Ainsi, un enfant
exposé à une communauté linguistique apprendra la langue parlée dans la communauté. Cela est
d'autant plus surprenant quand on considère que les données auxquelles
Les langues ne sont pas tout à fait un produit de la nature dans le sens qu'un enfant ne peut pas
acquérir une langue sans être plongé préalablement dans un bain linguistique spécifique ; mais les
langues ne sont pas non plus un produit de la culture car on ne peut pas changer le système d'une
langue par décret.
Les langues naturelles sont appelées ainsi car elles n'ont pas été inventées par les humains,
contrairement aux langues artificielles que sont les langues fabriquées par les utopistes comme
l'esperanto ou le langage informatiq
Aspects de la linguistique
Autre aspect surprenant: malgré le fait que nous connaissons tous des milliers de mots (et des
millions de phrases possibles), nous arrivons à trouver, très rapidement et sans même y faire
attention, les mots et les phrases nécessaires dans notre communication de tous les jours. Ceux qui
apprennent une langue étrangère peuvent mesurer l'écart entre les difficultés qu'ils ont dans les
premières années de l'apprentissage d'une autre langue et leur utilisation quotidienne de leur langue
maternelle.
Non seulement avons-nous la capacité de manipuler un nombre énorme de mots et de phrases, mais
nous pouvons aussi ajuster notre utilisation de la langue pour tenir compte du contexte. Par
exemple, il arrive parfois qu'on ne comprenne pas un mot qu'on entend ou qu'on lit. Malgré cela, le
plus souvent on arrive à combler de telles lacunes au moyen du contexte. Ou encore, dans une
situation où il est difficile d'entendre l'autre personne (musique forte, machines bruyantes) nous
faisons les ajustements nécessaires pour que la communication fonctionne. Et ce n'est pas tout: il
n'existe pas deux personnes qui parlent de la même façon. C'est même l'existence de ce genre de
variation qui nous permet d'identifier notre interlocuteur au téléphone, par exemple. Mais malgré
ces divergences interindividuelles, nous comprenons la plupart des phrases que nous entendons. Les Amis de la Langue Française http://alf.asso-web.com
Malgré la richesse de nos capacités linguistiques, il n'existe jusqu'à présent aucune grammaire
complète d'aucune langue humaine. Nous savons comment parler, mais dans l'ensemble, nous avons
beaucoup de difficulté à expliciter ce que nous savons. C'est justement la tâche de la linguistique:
rendre explicite ce que nous savons sur la langue
Langue, parole et langage
Dans la tradition linguistique française, il existe une autre opposition terminologique, entre langue et
parole. La langue désigne deux choses différentes:
1. un système linguistique partagé par un groupe social, comme la langue française, la langue
anglaise, etc.,
2. le concept même de système linguistique partagé. Ainsi, le français et l'anglais sont des
langues, mais ils ont en commun un certain nombre de caractéristiques qui nous permettent
de faire abstraction des différences entre les deux pour parler de la langue dans les deux cas.
La parole désigne aussi deux choses distinctes:
1. l'activité qui consiste à se servir d'une langue dans une situation particulière. On parle ainsi
d'un acte de parole. Notez bien que ce terme désigne l'activité qui consiste à parler mais
aussi l'activité qui consiste à écrire. Quand j'écris ce manuel, je fais un acte de parole. Quand
je dis à mon voisin: ``Il fait beau, hein?'' je fais un autre acte de parole.
2. Le terme parole désigne aussi le produit d'un acte de parole. On utilise aussi le terme de
discours dans ce sens. Le discours écrit ou oral d'un individu peut être étudié, comme nous
verrons par la suite.
Le terme langage s'emploie, lui aussi, dans deux contextes différents. Cela signifie ou bien:
la capacité d'apprendre une langue humaine. Cela s'appelle la faculté du langage. Ainsi, un enfant
exposé à une communauté linguistique apprendra la langue parlée dans la communauté. Cela est
d'autant plus surprenant quand on considère que les données auxquelles l'enfant est exposé sont
souvent limitées et défectueuses.
millions de phrases possibles), nous arrivons à trouver, très rapidement et sans même y faire
attention, les mots et les phrases nécessaires dans notre communication de tous les jours. Ceux qui
apprennent une langue étrangère peuvent mesurer l'écart entre les difficultés qu'ils ont dans les
premières années de l'apprentissage d'une autre langue et leur utilisation quotidienne de leur langue
maternelle.
Non seulement avons-nous la capacité de manipuler un nombre énorme de mots et de phrases, mais
nous pouvons aussi ajuster notre utilisation de la langue pour tenir compte du contexte. Par
exemple, il arrive parfois qu'on ne comprenne pas un mot qu'on entend ou qu'on lit. Malgré cela, le
plus souvent on arrive à combler de telles lacunes au moyen du contexte. Ou encore, dans une
situation où il est difficile d'entendre l'autre personne (musique forte, machines bruyantes) nous
faisons les ajustements nécessaires pour que la communication fonctionne. Et ce n'est pas tout: il
n'existe pas deux personnes qui parlent de la même façon. C'est même l'existence de ce genre de
variation qui nous permet d'identifier notre interlocuteur au téléphone, par exemple. Mais malgré
ces divergences interindividuelles, nous comprenons la plupart des phrases que nous entendons. Les Amis de la Langue Française http://alf.asso-web.com
Malgré la richesse de nos capacités linguistiques, il n'existe jusqu'à présent aucune grammaire
complète d'aucune langue humaine. Nous savons comment parler, mais dans l'ensemble, nous avons
beaucoup de difficulté à expliciter ce que nous savons. C'est justement la tâche de la linguistique:
rendre explicite ce que nous savons sur la langue
Langue, parole et langage
Dans la tradition linguistique française, il existe une autre opposition terminologique, entre langue et
parole. La langue désigne deux choses différentes:
1. un système linguistique partagé par un groupe social, comme la langue française, la langue
anglaise, etc.,
2. le concept même de système linguistique partagé. Ainsi, le français et l'anglais sont des
langues, mais ils ont en commun un certain nombre de caractéristiques qui nous permettent
de faire abstraction des différences entre les deux pour parler de la langue dans les deux cas.
La parole désigne aussi deux choses distinctes:
1. l'activité qui consiste à se servir d'une langue dans une situation particulière. On parle ainsi
d'un acte de parole. Notez bien que ce terme désigne l'activité qui consiste à parler mais
aussi l'activité qui consiste à écrire. Quand j'écris ce manuel, je fais un acte de parole. Quand
je dis à mon voisin: ``Il fait beau, hein?'' je fais un autre acte de parole.
2. Le terme parole désigne aussi le produit d'un acte de parole. On utilise aussi le terme de
discours dans ce sens. Le discours écrit ou oral d'un individu peut être étudié, comme nous
verrons par la suite.
Le terme langage s'emploie, lui aussi, dans deux contextes différents. Cela signifie ou bien:
la capacité d'apprendre une langue humaine. Cela s'appelle la faculté du langage. Ainsi, un enfant
exposé à une communauté linguistique apprendra la langue parlée dans la communauté. Cela est
d'autant plus surprenant quand on considère que les données auxquelles l'enfant est exposé sont
souvent limitées et défectueuses.
Les concepts de base de la linguistique
Les concepts de base de la linguistique
Pourquoi étudier la langue?
Quand on y pense, on constate que le langage humain est un phénomène assez extraordinaire. Par le
simple fait de faire bouger les cordes vocales d'une certaine façon, nous pouvons influencer une
autre personne d'une manière prévisible.
Très souvent, les énoncés que nous entendons et que nous prononçons sont nouveaux pour nous:
c'est la première fois de notre vie que nous les utilisons. Par exemple, si vous considérez l'ensemble
des phrases que vous avez lues jusqu'ici dans ce manuel, il est très probable que presque toutes sont
nouvelles pour vous. Pour le dire autrement, les langues se caractérisent par l'ouverture et par la
créativité. Mais en même temps, en comparant les différentes langues entre elles, nous constatons
des traits communs essentiels partagés par toutes. Les paramètres de l'ouverture semblent donc
fixés de façon assez sévère.
Pourquoi étudier la langue?
Quand on y pense, on constate que le langage humain est un phénomène assez extraordinaire. Par le
simple fait de faire bouger les cordes vocales d'une certaine façon, nous pouvons influencer une
autre personne d'une manière prévisible.
Très souvent, les énoncés que nous entendons et que nous prononçons sont nouveaux pour nous:
c'est la première fois de notre vie que nous les utilisons. Par exemple, si vous considérez l'ensemble
des phrases que vous avez lues jusqu'ici dans ce manuel, il est très probable que presque toutes sont
nouvelles pour vous. Pour le dire autrement, les langues se caractérisent par l'ouverture et par la
créativité. Mais en même temps, en comparant les différentes langues entre elles, nous constatons
des traits communs essentiels partagés par toutes. Les paramètres de l'ouverture semblent donc
fixés de façon assez sévère.
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