sábado, 19 de abril de 2014

Linguistique

La Phonologie

L'étude phonétique d'une langue peut se faire sans faire appel au sens. À la limite, on pourrait étudier les caractéristiques phonétiques d'une langue qu'on ne comprendrait même pas.
Par contre, la phonologie s'occupe de la fonction des sons dans la transmission d'un message. Il faut donc comprendre une langue pour faire de la phonologie. En d'autres termes, la phonologie recherche les différences de prononciation qui correspondent à des différences de sens, ce qu'on appelle des oppositions distinctives.
Or, tous les changements de prononciation ne changent pas le sens. Par exemple, il existe dans les pays francophones plusieurs variantes du [R]. Ou encore, si on compare la prononciation québécoise et française d'un mot comme toute, on entend une différence. Malgré ces différences, le sens ne change pas: tout le monde comprend le même mot.
Mais d'autres changements de prononciation peuvent influencer le sens. Prenez le cas de [Ru] (rouge). Si on remplace la première consonne par un [b], le résultat est un autre mot (bouge). Ce simple test nous montre qu'en français, [R] et [b] s'opposent entre eux. Nous le savons puisque le seul élément qui change entre [Ru] et [bu] est la consonne initiale. [Ru] et [bu] forment ce que nous appelons une paire minimale: deux mots qui se distinguent par le sens et qui diffèrent entre eux par un seul son. Le fait de remplacer un son par un autre dans une paire minimale s'appelle la commutation.
Si la commutation change le sens, nous tirons la conclusion que les deux sons appartiennent à deux classes distinctes. Chaque classe s'appelle un phonème. Contrairement à un son, qu'on peut entendre et mesurer, un phonème est une entité abstraite, une classe de sons qui partagent la même opposition à d'autres sons dans une langue.
Exercice: Trouvez des paires minimales pour /g/ en l'opposant aux autres consonnes du français, en position initiale et en position finale
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La morphologie

La morphologie s'occupe des plus petites unités de forme et de sens, qu'on appelle les morphèmes. À un moment donné, il existe un nombre fini de morphèmes dans une langue, qui constituent en quelque sorte les briques qu'on utilise pour faire les phrases. Or, puisqu'il s'agit d'unités de forme et de sens, il faut étudier les deux aspects: d'un côté, nous verrons comment on peut classer les morphèmes du point de vue de leur forme et de leur fonctionnement, et d'un autre côté, nous essayerons de saisir comment les morphèmes d'une langue (ici, le français) structurent notre façon d'exprimer la réalité.

Critères en morphologie

Comme les autres linguistes, les morphologistes ont des outils spéciaux pour manipuler l'objet qu'ils étudient. Les critères les plus utilisés sont le sens, la forme et la distribution. Nous allons illustrer les trois en nous servant d'un exemple bien connu: les parties du discours.
Les critères traditionnels des parties du discours sont d'ordre sémantique, comme on peut voir par les exemples suivants.
Un nom se définit comme un mot qui nomme une personne, un lieu, une chose ou un concept.
Un verbe se définit comme un mot qui nomme une action.
Un adjectif se définit comme un mot qui nomme une qualité.
Ces critères sémantiques ne sont pas faux, mais ils sont difficiles à utiliser seuls, puisqu'ils sont assez imprécis. Par exemple, un nom comme arrivée désigne une action, et un nom comme rougeur désigne une qualité. C'est pour cela que nous avons tendance en linguistique à utiliser en même temps les critères de forme et de distribution.
Prenons le cas des noms. Qu'est-ce qu'il y a dans le fonctionnement des noms qui les distingue des verbes? Du point de vue de la forme, les noms peuvent prendre le nombre singulier ou pluriel, mais non pas la personne ou le temps. Par contre, on trouve les trois caractéristiques dans les verbes. Du point de vue de la distribution, les noms peuvent suivre un déterminant (ex. le cahier, cette table, ma soeur), mais non pas un pronom (ex. *je cahier, *tu table, *elle soeur). Par contre, les verbes peuvent suivre un pronom (ex. je marche, tu pars, elle travaille) mais non pas un déterminant (ex. *le marche, *cette pars, *ma travaille).
Si on étend l'analyse aux adjectifs, on constate qu'ils se rangent en partie du côté des noms. Un adjectif peut varier en nombre (ex. grand, grands), mais non pas en personne ou en temps. De même, les adjectifs peuvent suivre un déterminant, mais non pas un pronom (ex. le petit, *je gros). Mais dans ce cas, qu'est-ce qui distingue les adjectifs des noms? Une différence, c'est que les adjectifs peuvent suivre un adverbe de degré ou un adverbe d'aspect: on peut dire très petit, assez gros, toujours rond, mais les noms n'ont pas cette possibilité (*très chaise). Une autre, c'est que les adjectifs peuvent varier en nombre et en genre (ex. petit, petites), ce qui n'est pas le cas pour les noms (sauf les noms d'êtres animés, qui peuvent varier en genre pour indiquer le sexe).

Une autre partie du discours est l'adverbe comme bientôt, hier, là. Qu'est-ce qui distingue les adverbes des adjectifs? Entre autres choses, les adverbes ne s'accordent pas en genre ou en nombre: ils sont invariables. En outre, un adverbe peut suivre un verbe (ex. elle travaille là) tandis qu'un adjectif suit (ou parfois précède) un nom (ex. un cahier bleu, un petit cahier). 

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